vendredi 26 septembre 2008

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03 juin 2008


Night Walk

Le bruit de ses pas effacé par le ronflement de la rivière à marée haute, il marche le long d'un quai à l'ombre des arbres dans la nuit. Les vagues du flot continu éclairé d'un jaune artificiel a des allures de côte bretonne un soir d'été. Déambulant d'un pas rapide dans les rues vides, ses bras dansent sur une musique que lui seul entend. Il fabrique avec ce qu'il voit son propre film, plan séquence, s'attardant sur un quelconque détail. La nuit la ville a quelque chose de particulier, reposante et reposée. Photos cérébrales d'ombres électriques, il se dit cette fois encore qu'il devrait garder son appareil sur lui.

25 mai 2008


Tram

Le tram s'avance dans la ville suivant au hasard les rails qui le mènent là où il doit aller. En face, au fond, deux femmes, l'une voilée, l'autre en mini-jupe et maquillée comme un camion volé. L'une jette un drôle de regard à l'autre lorsqu'elle s'assoit à côté de l'une. L'autre effectue un raccord maquillage, l'une regarde dehors.
Le temps tourne à l'orage il n'aura pas fait beau bien longtemps.

20 mai 2008


Boxing Champ

Le ciel est gris et froid comme un mois d'octobre, le vent a tiré une couverture de nuages au dessus des montagnes qui entourent la ville. Cloisonné dans l'appartement les heures passent sans qu'on y fasse trop attention. Un morceau de Kaiser Chiefs a tendance à passer en boucle dans le salon. Arpège de piano et texte simple. Le nuages finiront par passer.


Noctambule

Balade d'une nuit d'été. La ville est jaune et déserte, ses pas se suivent et ne se ressemblent pas. Sa silhouette est floue au loin, et lui la tête en arrière et le regard rivé sur un rien, se demande où ils vont. Vus d'en bas les immeubles ont une triste mine. La porte est ancienne et donne sur des murs fatigués. En haut, les veines dorées de la ville se dessinent, assis sur le toit sa tête est sur son bras. Vu d'ici on entend la ville ronfler, et au loin on croit se dessiner les échos de ce qui reste éveillé dans la nuit.
Les heures passent, et au bas de la fenêtre grande ouverte son pied endormi dépasse du drap.

19 mai 2008


Insomnie

Les yeux secs et la tête dans le brouillard, ce n'est pas un lendemain de cuite, juste la fatigue, et pourtant on s'y croirait. Il fait jour trop tôt dans cette chambre, et le sommeil est bien trop long à arriver. Dans le fond raisonnent quelques accords de guitare et le bruit des basses parait sur-dimensionné dans le silence de l'appartement.

17 mai 2008


Songe de printemps

Il n'est pas si tard. Les yeux piquent, malgré tout, comme pour ne pas faire oublier la courte de nuit précédente. Du dos et des genoux s'exprime la fatigue, aiguë. La corne des doigts, façonnée par les cordes de la guitare, s'use sur le clavier blanc. C'est toujours dans ces moments de doute que le besoin de s'exprimer revient. Mettre des mots sur des sensations, des humeurs, des attitudes. Le coup a fait mal, il n'est que verbal, symbolique, et pourtant le sillon tracé semble profond. Pansement musical, course contre le vent, vaincu par K.O, rien y fait. Alors, penser à autre chose.
Derrière tes lunettes noires tu caches un regard qui l'est moins. La lumière chaude d'un soir de printemps caresse tes joues et tu souris, l'herbe lancée un peu plus tôt s'est logée dans mes cheveux. Le moment est simple et cliché, je ne dois pas être tout à fait réveillé, d'ailleurs ton visage n'a rien de familier. Tu sors tout droit d'une photo à la mode, alors peut être est-ce dans un film que je voudrais pouvoir me retrouver.

Dans la pénombre artificielle de la chambre se dessinent les meubles endormis. La lumière du jour se levant dessine une meurtrière sur la fenêtre. L'envie de rien me submerge, l'envie d'autre chose surtout, de ne pas penser, ne pas réfléchir agir pas instinct, vivre par moments, et par moments, vivre.

02 janvier 2008


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Il n'était pas encore minuit et déjà je travaillais mon futur mal de tête à coup de verres de vin.
Aparté dans l'appartement, une lampe Grönö se fracasse sur le sol, l'occasion de penser à acheter la Glänsa voir même la Fado, aller, soyons fous tous les jours ne sont pas un nouvel an.
Minuit, hurler sur un basique d'electro et laisser un blanc lorsqu'on le coupe, passer alors du blanc au champagne.
Conversations de bourrés par portable interposés, la vodka semble plus efficace pour exceller en la matière. Le son se fait plus fort tout comme le taux d'alcoolémie moyen, on devrait fêter le nouvel an plus souvent qu'une fois par an.
Traverser la ville à 3h du matin pour commencer une nouvelle soirée là où une autre s'est arrêtée. Faire le chemin inverse quelques heures plus tard marchant encore un peu moins droit.
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Fin de journée. Le mal de tête s'en va doucement, un Au Revoir Simone en guise de doliprane, et je ne saurais dire si ce fut toi ou moi qui esquissa le premier geste. En même temps qu'est ce que cela change le vin blanc aidant je ne l'ai sans doute pas su sur le moment.

28 décembre 2007


Trois mois

Trois mois depuis mon retour, trois fois trente jours et autant d'occasions de placer quelques mots sur une feuille, un coin de table, un coin de tête. Des trois solutions, toujours je me contentais de la dernière, et le regrettais, souvent.
Souvent, devant une scène, une image, un instant, souvent je jetais des mots, des phrases, pour décrire ce qui se passait devant mes yeux. Ces mots, ces phrases je tentais alors de les retenir, pour ensuite les écrire, poser en toutes lettres ces constructions de mots que j'avais imaginé.
Il y en avait un qui commençait comme ça...
Un soir de décembre, les notes d'un air de Bach remplissent une salle attendant ses spectateurs. Elle, derrière son piano, je n'en vois que l'ombre derrière le faisceau d'un projecteur. Nous sommes trois, assis à quelques rangs de la scène, elle, joue. Les dernières notes restent suspendues en l'air, remplacés par le bruit de ses pas qui parcourent la scène. Elle s'en alla en coulisse, et nous, toujours happés par ce petit concert privé auquel nous nous étions invités, restions les yeux rivés sur le reflet du projecteur sur le piano.

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